Peux-tu nous présenter ton parcours ?
Parcours classiquement atypique : LEA, LLCER anglais, DESS CAWEB, une année au Japon pour essayer de me trouver, puis un poste de traducteur en interne en Angleterre, avant de revenir en France et de me lancer en freelance. L'enseignement est arrivé par hasard. J'intervenais dans le Master TST à Mulhouse, et j'ai été contacté pour faire cours à l'ITIRI (Institut de traducteurs, interprètes et de relations internationales), qui est devenu l'IEMT (Institut européen des métiers de la traduction).
Parle-nous un peu de ton portfolio de traduction…
Rien de bien connu. Coordination linguistique pour la première version localisée en français de Runescape (ndlr : Reconnu MMORPG gratuit le plus populaire au monde par le Livre Guinness des records), l'un des plus anciens MMORPG encore en activité. À part ça, plusieurs contenus Web et marketing pour des grands noms du secteur IT, dans le domaine de l'analytique ou de la healthtech (ndlr : l'ensemble des technologies créées dans le domaine de la santé au sens large.)
Quelles compétences cherches-tu à développer chez les étudiants du master TTEA ?
LA CONCISION ! Les étudiants pensent encore qu'il faut traduire tous les mots, et ont du mal à rechercher la concision et la fluidité en traduisant et restituant le sens et l'essence de la source.
Comment décrirais-tu ton approche pédagogique ?
Une approche basée sur l'expérience et la réalité du terrain et du secteur. Des textes qui abordent des notions actuelles, avec néanmoins des problématiques linguistiques classiques qui permettent de travailler la reformulation, la rédaction et la concision.
Des outils et des notions technologiques actuelles, qui rendent compte de l'évolution des métiers, dans la mesure où la maîtrise des outils technologiques est devenue aussi importante aujourd'hui que la maîtrise linguistique.
Quels sont les défis actuels de ton métier ?
Suivre l'évolution de la langue dans mes domaines de spécialité, mais aussi suivre l'évolution technologique : nouveaux outils, nouveaux processus de travail, nouvelles notions, qui demandent de développer de nouvelles compétences. Il est essentiel de continuer à se former tout au long de sa carrière.
Comment évalues-tu la progression des étudiants ?
Il faut notamment tenir compte de leur capacité à se remettre en question, à désapprendre les mauvais réflexes et à apprendre à retravailler et reformuler, pour mieux se démarquer.
As-tu un conseil à donner aux étudiants qui souhaitent se lancer dans les métiers de la traduction ?
- Travailler, développer et enrichir le vocabulaire général, en plus du vocabulaire de domaines de spécialité
- Développer leur culture générale, non seulement dans la langue et culture maternelle, mais aussi dans la langue et la culture sources
- Pour une paire comme anglais/français, la concurrence est très rude, et il faut absolument éliminer les erreurs basiques pour réussir à se démarquer
